mardi 27 août 2019

Rimes russes.


A. Pouchkine et C. Batiouchkov



J'ai survécu à mes désirs
Et quitté mes rêves, lucide,
Il ne me reste qu'à souffrir
Devant les fruits de mon cœur vide.

Couronne effeuillée au matin
Sous l'orage d'un sort contraire...
Déjà je vis en solitaire,
Et tristement j'attend ma fin.

L'orage siffle sur la terre
Frappée par la rigueur du sort,
Tremble sous l'arbre, seule encor,
Une feuille retardataire.

A. Pouchkine, (1821)

ÉLÉGIE

Il est des voluptés dans les forêts sauvages,
Et des plaisirs naissants sur de vides rivages,
Il est une harmonie en ce langage fier
Des vagues se brisant sur la grève des mers.
Oui, j'aime mon prochain, mais toi, Mère Nature,
Je te préfère à tout, souveraine, oubliant
Près de toi ce que fut naguère mon printemps,
Et ce que fit de moi la froide flétrissure
Des ans. Ainsi mon cœur se ranimant encor,
Plein de sentiments neufs et d'ardeur salutaire,
Cherche à les exprimer en des paroles d'or,
Mais ne les trouvant pas, pourtant, ne peut se taire.

C. Batiouchkov

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